[VIDEO] Tour du monde à la voile : ce qu’il faut savoir avant de partir

Vous caressez le doux rêve de partir faire un tour du monde à la voile? Un tour de l’Atlantique ou un tour de la méditerranée?

Alors voici une interview qui va certainement vous intéressez.

J’ai assisté à un cours très complet sur la maintenance d’un voilier et la navigation par gros temps réaliser par un tourdumondiste pour ceux qui ont des projets ambitieux de navigation, comme vous.

Je vous laisse découvrir son avis et ses conseils dans cette vidéo. La formation s’est déroulé à Barcelone. Cette vidéo est donc en espagnol et soustitrée en français. Le transcript en français se trouve juste en dessous.

 

Transcript en français de la vidéo : Tour du monde a la voile : interview de Guillermo “Velero tin tin”

 

Ted : Salut les voileux, c’est Ted du blog “A la voile”. Ce weekend j’ai passé 2 jours à suivre une formation sur la maintenance du bateau et sur comment naviguer par gros temps. Cette formation a été organisé par un couple qui est en train, depuis 2006, de faire le tour du monde à la voile.

Il s’agit de Isabelle et Guillermo, qui est juste à côté de moi, et ils le font sur leur voilier, qui s’appelle le “Tintin”. J’ai donc le plaisir de vous présenter Guillermo, bonjour Guillermo.

Guillermo : Bonjour. Avant tout merci beaucoup concernant Tintin, vous êtes les seuls à dire Tintin, les autres le prononcent “Tinntinn”.

Les raisons de leur départ pour un tour du monde en voilier

T: Aux Etats-Unis aussi ? Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi et pourquoi vous avez décidé [de faire ce tour du monde] ?

G : Mon histoire est une histoire qui a 61 ans, et ce n’est pas facile de la résumer en si peu de temps. Nous allons parler de l’aspect nautique, puisque c’est ce qui nous intéresse.

J’ai appris à naviguer quand j’avais 7 ans,car mes parents voulaient me laisser seul pendant le weekend, sur les Optimists.

Puis j’ai étudié le nautisme, et ensuite j’ai embarqué, j’ai travaillé dans la marine marchande pendant 22 ans, où j’ai été capitaine. Puis je me suis mis à enseigner à l’Ecole Supérieure de la Marine Civile, où je donnais des cours. Et à un moment donné ma relation de couple a évolué sur le plan philosophique.

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Isabel, Guillermo et leur mascotte

Et nous avons réfléchi à ce que nous pouvions faire, il y a 12 ans, avec nos moyens physiques et psychologiques, pour entreprendre tout type de projet qui demanderait des efforts, de la motivation et de l’enthousiasme.

Puis c’est elle qui a décidé, d’acheter un bateau. Et ça fait maintenant 12 ans que nous faisons cela. C’est un peu en résumé ce que nous avons accompli.

T: C’est donc elle qui a eu l’idée de partir ?

G: Non, elle c’était plus une aventurière au sens général du terme. Isabel disait “je vais partir dans le désert, je vais faire l’Himalaya”, n’importe quelle aventure. Ma compagne se lançait des défis, et essayait de les surmonter. Elle avait ça en elle.

Bien sûr, elle a décidé un peu en fonction de ses propres intérêts, en se disant”pour Guillermo, la mer, il n’y est pas étranger, et ça pourrait être le moment de démarrer un projet de la sorte.”

Quelles compétences faut-il développer avant le départ pour un tour du monde à la voile?

T : Avant de démarrer ce type de voyage de plusieurs mois, quelles sont les compétences à acquérir afin de pouvoir prendre le large ?

G: Tout d’abord être informé, être formé, avoir de l’expérience, et des repères. D’abord avec cette information, tu t’améliores, dans le sens où tu vas essayer des chosesavec différents bateaux, c’est la meilleure expérience.

Puis toute cette information, tant personnelle que technique, fait partie d’un tout à prendre en compte. Et tu te dis “ce que je veux dans ma vie, pour mon projet, c’est ce bateau, ou ce camping-car.” Tu comprends ?

D’une manière ou d’une autre il a fallu prendre une décision par rapport à toutes ces données, par rapport à tout ce que je connaissais. Beaucoup de personnes partent en mer, et se rendent compte par la suite qu’ils ne sont pas faits pour cela. Être impulsif ce n’est pas bien en mer, il faut plus réfléchir.

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Tin Tin, un voilier robuste pour faire un tour du monde

 

Un temps de formation est nécessaire, afin de connaître les aspects techniques que l’on va utiliser en mer. Surtout sur un voilier, où il y a encore plus d’aspects techniques, afin que la navigation se déroule sans encombre.

Il y a également l’aspect psychologique, comment affronter cette solitude. Mais on n’est jamais vraiment seul au final, il y a beaucoup de dauphins, beaucoup d’étoiles. Il y a aussi l’aspect du vivre ensemble avec le conjoint ou l’équipage.

Tout cela représente un ensemble de choses qu’il faut connaître afin de pouvoir déterminer si le projet va être possible et sûr. Et aussi pleinement satisfaisant. Car sinon autant rester au bureau à travailler 8h par jour.

T : On part en mer pour en profiter.

G : Il faut garder en tête que celui qui part en mer pour vivre une aventure comme la nôtre, il va devoir faire face à tout un ensemble de choses, bonnes et mauvaises.

Focus sur les compétences techniques de voile à développer avant un tour du monde

G : Concernant les aspects techniques pour un bateau qui va effectuer une traversée ambitieuse, tout démarre avec la solidité sur le bateau : la manœuvre, le mât, les voiles, tout doit être solide, bien en place.

Solide fiable, et logiquement le plus gros problème que l’on puisse avoir ce sont les avaries. Il y aura toujours des avaries, Murphy est à l’affût.  Alors, il faut essayer de minimiser toutes ces possibilités de problème, on doit être très attentif, essayer de ne rien casser, car au-delà de l’impact économique, il y a le fait de ne pas pouvoir remplacer ce qui vient de casser, qui peut être vital pour la navigation.

Il faut donc rester très attentif. Faire du bateau à voile en traversée, c’est une fin en soi. On sort en mer pour naviguer pour soi-même.

Les courses de voile, c’est fait pour gagner. On prend des risques sur des aspects différents: ça casse, tu ne gagnes pas, mais au moins tu as essayé.

Dans notre cas on ne peut se permettre de casser quoi que ce soit. Ou le moins possible.

T : Ça coûte cher.

G: En plus du coût économique, c’est le manque, tu n’as pas la pièce.

Connaissez-vous la loi de Murphy? ou “loi de l’loi de l’emmerdement maximum”

T: Tu as parlé de Murphy, tout le monde n’est pas familier avec la loi de Murphy.

G : La loi de Murphy, elle est faite pour nous embêter. J’ai tout sous contrôle, arrive Murphy, qui est une idée imaginaire, elle te casse quelque chose que tu pensais n’allait pas casser. Quelque chose casse. C’est comme un petit lutin, tu ne sais pas où est-ce qu’il va aller jouer.

T: Pendant la formation, j’ai vu que tu étais très organisé. Le fonctionnement du bateau a des procédures écritespour les cas d’urgence, mais est-ce si important d’avoir tout cela dans le bateau ?

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Parcours du tour du monde à la voile

Protocoles à mettre en place pour les cas d’urgence sur un voilier

G : Lorsque nous dispensons des formations, nous couvrons tous les aspects. Si tu mets en place tous les protocoles, et tout ce dont on a parlé, tu as vu que l’on a dégrossi tous les aspects, on arrive à 99 %, et les 1 pour cents restants, c’est la loi de Murphy.

Ce sont les pourcentages que l’on a sous notre contrôle, que tout est en place. Mais nous devons enseigner tout cela car on sait que les gens vont se rappeler de 50 % ou de 60 %de ce que l’on a expliqué.

On enseigne le plus de choses possibles afin que les gens puissent organiser leur traversée et leur vie nautique, et s’approcher le plus possible de la perfection, sans compter Murphy.

T : Lorsque l’on prépare tous ces processus, quelles sont les choses à mettre par écrit ?

G: En priorité, la sécurité. Puis le confort. On navigue pour naviguer. Notre objectif n’est pas de naviguer pour transporter des marchandises ni pour pêcher. Ce qui nous intéresse, c’est naviguer. On navigue en toute sécurité, ce qui consiste à bien régler les voiles.

Puis vient le confort, dans la mesure du possible. Le confort physique et psychologique, avec les voiles réduites, ce qui permet d’aller à une vitesse de 6 nœuds,ou si on veut naviguer à une vitesse plus rapide autour du globe, rien ne va se casser,rien ne va s’user, rien ne va se rompre, rien ne va s’abîmer, et nous allons être plus tranquilles, afin de pouvoir profiter des étoiles.

L’usage des outils d’aide électronique à la navigation sur un bateau

T: De nos jours, il y a beaucoup de gens qui regardent leur GPS et qui l’utilisent sans même regarder les cartes nautiques en format papier traditionnel. Qu’est-ce que tu penses de l’usage intensif que l’on a des outils électroniques de navigation ?

G : J’ai le même avis que pour l’hyperflexion cervicale. Petit à petit, je pense que l’être humain va évoluer et aura un jour les cervicales figées. Cela nous empêchera de regarder vers le haut. Parce qu’ avec WhatsApp, les ordinateurs, dans notre vie de tous les jours, presque plus personne ne regarde là-haut. Il n’y a plus de mouvement du cou vers le haut.

L’hyperextension cervicale, ça sert à regarder les nuages, les étoiles, respirer, voir le monde qui nous entoure.

Lorsqu’on se sert du GPS, on utilise simplement le doigt. On utilise ce doigt simplement pour toucher une position, et automatiquement on obtient la latitude et la longitude, car on est dans une dynamique d’immédiateté. Et nous ne comprenons pas les situations qui n’impliquent pas l’obtention immédiate de données.

Prendre le sextant, attendre le moment adéquat, s’asseoir sur le pont avant, se mettre à bonne hauteur, faire les calculs, se situer, etc…, c’est autre chose.

Personnellement, les plus grandes satisfactions que j’ai pu avoir comme navigateur, c’est quand je me suis senti en autosuffisant en mer. C’est quand je me suis senti le mieux. Je ne dépends de rien ni de personne. Ni des énergies électriques, ni des satellites, ni de rien. Et tout ça c’est merveilleux. Je pourrais avoir 10 GPS à bord, mais à tout moment, je suis autosuffisant. Et ça, ça me donne énormément plus de satisfaction.

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“Desde el Mar”, l’un des livres nautiques espagnols les plus vendus

Un dernier conseil pour un tour du monde à la voile réussi

T : Un dernier mot pour les gens qui suivent notre blog ?

G : Un conseil très simple : il faut se préparer au pire, et toujours espérer le meilleur.

 

Où trouver des informations sur le parcours du voilier “Tin Tin”?

T : Où est-ce que l’on peut trouver plus d’informations sur le Tintin ?

G : Nous avons un blog très important où nous mettons en ligne beaucoup d’informations. C’est velerotintin.blogspot.com , très facile, “TINN TINN”. C’est un blog très intéressant, avec plein de vidéos. Il y a une section qui s’intitule “Aula Oceanica”, où l’on peut trouver des informations utiles. C’est également une manière de partager notre expérience.

Isabelle et moi devons faire de la didactique, beaucoup d’élèves nous ont dit qu’en effet, nous sommes des profs sympas. Vous nous avez convaincu. Cela nous plaît de vous avoir avec nous pour partager nos expériences. Si on nous sollicite sur la sécurité, les gens, la motivation, c’est encore mieux.

T : Afin de partager vos expériences, tu dispenses cette formation, tu as le blog, des livres aussi.

G : Oui, nous avons également 3 livres, qui relatent toutes nos expériences. 3 livres très importants. L”un en est à sa 8ème édition, l’autre à sa sixième, et le dernier en est à sa deuxième. Ces livres ont été écrits pendant nos navigations.

Et sans le vouloir ça se sent, ça fait partie de leur succès. Ça se sent qu’ils ont été écrits en s’accrochant d’une main et en tapant sur le clavier de l’autre main.

T: Merci beaucoup.

G : Merci à toi.

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Merci pour ces conseils pour un tour du monde réussi

Conclusion

T: Voilà c’est tout pour cette interview. J’espère que ça vous a plu. Et que vous avez appris pas mal de choses sur la navigation et la préparation d’un tour du monde. Je vous invite à visiter le site du voilier Tintin. Et je vous dis à très bientôt sur le blog “A la voile” pour un autre article. A très bientôt !

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