▷ Armement de sécurité : équipements côtiers obligatoires pour un voilier

La mer.

Cette grande étendue bleue qui invite aux voyages.

La voile.

Une activité unique au monde qui permet de profiter en silence de la mer et du paysage.

Quoi de plus beau que de pouvoir partager tout ça avec ces proches pendant un tout weekend !

Se baigner au large dans une eau limpide loin de la pollution du littoral.

Dormir au mouillage dans une crique là où seul les bateaux ont accès.

Pourquoi est-ce que vous iriez tout gâché??

Oui, oui, vous.

Il ne tient “qu’à vous” pour que ce rêve de plaisance ne se transforme pas en cauchemar.

Tout comme le coronavirus ou feu grippe A (H1N1), la prévention vaut bien mieux que la cure, qui parfois, n’existe pas.

Alors :

  • Vous avez vérifié les piles de votre feu à retournement?
  • Vous avez suffisamment de gilet de sauvetage pour tout le monde?

Que ce soit pour votre bateau ou pour un voilier que vous louer, vous devez prendre connaissance et vérifier l’état des équipements côtiers de sécurité.

Quels matériels d’armement sont nécessaires pour la navigation?

Et bien, ça dépend.

De quoi?

De votre distance à un abri.

Avant qu’on ne rentre dans les détails, je tiens à préciser que l’ensemble des obligations légales sont disponibles dans la Division 240, sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire. La dernière modification date du printemps 2019.

Qu’est-ce qu’on disait déjà?

Oui, l’armement nécessaire pour notre navigation cotiêre peut être séparés en deux groupes. Les équipements côtiers obligatoires et les équipements vivement recommandés.

Voyons tout de suite ce qui est obligatoire.

Equipements côtiers de sécurité prescrits par la division 240

Sécurité : tous aux abris !

En période de pandémie de grippe, on conseille dans les zones touchées d’éviter les sorties dans des lieux publics confinés, type cinéma ou centre commercial.

Autant que possible, on reste chez soi, à l’abri.

En navigation, les équipements côtiers de sécurité, qui sont obligatoires, sont listés dans la division 240 et dépendent de la distance entre notre voilier et un abri. Cette distance est exprimée en milles marins. 1 Milles correspond à 1852 m, soit 1,85 km.

Définition officiel d’un abri (division 240) :

Un abri est un endroit de la côte ou tout engin, embarcation ou navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité en mouillant, atterrissant ou accostant et en repartir sans assistance. Cette notion tient compte des conditions météorologiques du moment ainsi que des caractéristiques de l’engin, de l’embarcation ou du navire.

Cette définition prend donc en compte :

  • Bateau et équipage qui doivent être en sécurité,
  • Des entrées et sorties possible sans assistance,
  • Une prise en compte des conditions météo et de l’état de la mer
  • Une considération pour les caractéristiques du bateau.

Un abri pour un navire donné à un moment précis pourra ne plus en être un :

  • pour un autre navire
  • ou pour le même navire mais avec des conditions météo différentes.

Zones à “risque” : les catégories de navigation

Coronavirus ou pas, en quittant un abri, on s’expose à un risque potentiel. On va devoir s’équiper en fonction du danger que l’on peut rencontrer.

Depuis 2019, on considère 4 catégories de navigation différente :

equipements cotiers et categories de navigation

Basique : Jusqu’à 2 milles d’un abri, soit une distance de 3,70 km.

Côtier : Entre 2 milles et 6 milles d’un abri, c’est à dire entre 3,70 km et 11,10 km.

Semi-hauturier : Entre 6 et 60 milles d’un abri, ce qui donne entre 11,10 km et 111 km.

Hauturier : Au-delà de 60 milles d’un abri, donc au delà de 111 km.

On va s’intéresser aujourd’hui à la navigation côtière. C’est à dire à une distance inférieure à 6 milles nautiques d’un abri.

Le pack de navigation de plaisance d’une catégorie inclut l’ensemble de l’armement des catégories précédentes.

Le pack de navigation contenant les équipements côtiers inclut donc tous l’armement du basique avec des équipements en plus, spécifique au côtier.

Commençons par la base.

Armement de base pour navigation anti-grippal.

Pour nous, l’hygiène des mains, c’est la base pour éviter toute contamination. On ne le rappellera jamais assez.

Et pour le bateau de plaisance?

Voici la liste complète provenant de la division 240 :

Annuaire des marées

L’annuaire sera au format papier au numérique. L’important ici est qu’il faut connaître les heures et coefficient de marée du jour et de la zone où l’on va naviguer.

Et ce, pendant toute la durée de notre navigation.

Cela concerne bien sûr les zones où il y a la marée, donc hors eaux intérieures comme la mer Méditerranée et ou les lacs.

Dispositif lumineux étanche.

Il vous faut une lampe pour le bateau dont l’autonomie doit être d’au moins 6h.

Prévoyez donc des piles !

Elle n’est pas obligatoire si chaque membre de l’équipage a fixé sur le gilet qu’il porte un dispositif lumineux.

Ces équipements côtiers sont indispensables même si on a prévu de rentrer avant la nuit.

Vous n’êtes pas à l’abri d’un imprévu.

Bonne nouvelle!

Vous avez le choix des formes et des couleurs.

Pour les formes : lampe torche, lampe flash ou bâton lumineux cyalume.

Pour les couleurs, privilégiez le rouge si l’objectif est d’éclairer pour réaliser une manoeuvre courante. Cela évitera d’aveugler les autres membres de l’équipage.

En cas de récupération d’un objet flottant ou d’homme à la mer, on va opter pour du blanc, pour augmenter la portée de notre lumière.

Pavillon national

Le drapeau national bleu blanc rouge est obligatoire hors des eaux territoriales françaises. Il est monté à la poupe, c’est à l’arrière du bateau.

Les plus chauvins pourront le conserver dehors toute l’année. Notez que le soleil abîme assez vite le pavillon. Donc si on le garde toujours à poste, il ressemble vite à des épouvantails à mouettes.

On place également, comme marque de considération, le pavillon du pays étranger dans lequel on navigue, sur le côté du voilier.

Le côté tribord, à droite.

C’est le pavillon de courtoisie.

Équipement individuel de flottabilité (EIF) au moins 100 N

Le gilet de sauvetage ou EIF doit avoir une capacité de flottabilité d’au moins 100 N. Ceci s’applique pour tous les enfants de moins de 30kg dans tous les cas, quelque soit la distance d’un abri.

Si on sait nager, l’administration devient plus souple et donne deux alternatives.

Première alternative : le port d’un gilet de 50 N de flottabilité suffit.

Deuxième alternative : une combinaison humide en néoprène ou sèche de performance de flottabilité minimale de 50 N et qui assure la protection du torse et de l’abdomen.

Cette combinaison doit être visible y compris de nuit :

  • soit grâce à une couleur vive autour du cou ou sur les épaules;
  • soit avec un dispositif lumineux (listé plus haut) fixé en permanence sur la combinaison.

Conseil : le modèle à gonflage automatique est le plus confortable et le plus commode à l’usage. Pour plus de sécurité, éviter les gilets à gonflage buccal qui serait inutile si la personne est inconsciente ou en panique après sa chute dans l’eau toute habillée.

Moyen mobile de lutte contre l’incendie

On veut bien sûr parlé ici de l’extincteur portable. Un incontournable des équipements côtiers.

Leur emplacement doivent être signalé clairement avec des stickers à l’emplacement exact.

Il est de classe B pour le compartiment moteur, et de classe A ou B hors moteur. Un extincteur dans chaque cabine permet de faciliter l’évacuation en cas d’incendie. On peut ainsi se frailler un chemin jusqu’à la sortie. 

Une couverture anti feu est aussi recommandé dans l’espace cuisine. Cela permet de  pouvoir étouffer un feu pris au niveau de la gazinière.

Un plan de sécurité qui indique l’emplacement des extincteurs, est un vrai plus pour la sécurité.

Les préconisations concernant les extincteurs sont présentés dans l’annexe 240-A3 de la division 240 avec un schéma à l’appui, que voilà ci-dessous :

equipements cotiers extincteur plan de sécurité position sur le voilier couverture anti feu

Dispositif d’assèchement manuel

C’est la bonne vieille écope. Cette pelle creuse permet de vider l’eau du bateau. Chaque pelletée peut être jeté dans un seau qui sera vidé ensuite.

Il existe aussi des pompes manuelles portables ou des pompes de cales fixes.

Les pompes manuelles portables sont composées d’un tube avec aux extrémités une entrée et une sortie. Un piston muni d’une poignée permet de créer à la main une dépression pour aspirer l’eau. On installe une tuyau au niveau de la sortie pour diriger l’eau aspirée vers un seau.

Les pompes de cales fixes ont une sortie reliée directement à l’extérieur du voilier. Elles ont un débit inférieur à 100 litre par minute.

Cela peut vous paraître beaucoup?

Pour calculer le débit d’entrée d’eau par minute, on utilise la formule suivante :

Débit moyen d’une voie d’eau = 2,08 x S x√H

S : surface de l’orifice d’entrée d’eau en centimètre carré (cm2).

H : hauteur entre la ligne de flottaison (surface de l’eau) et l’orifice en centimètre (cm).

2,08 est une constante qui prend en compte la forme de l’orifice et la gravité.

Un tout petit trou dans la coque de 4 cm de diamètre à 10 cm en dessous de la ligne de flottaison provoque une voie d’eau avec un débit de 106 L/min…

Autant dire qu’avec une pompe de cale manuelle on serait très vite dépassé en cas de voie d’eau importante. 

Sur un voilier, toutes ces solutions servent en complément d’une pompe de cale électrique, dans le cas d’une panne électrique par exemple.

Dispositif de remorquage

Lorsque le navire n’a plus de moyen de propulsion, il doit être remorquer. Deux éléments sont essentiels : un point d’amarrage  et un bout de remorquage.

Le point d’amarrage sera un point fixe fermement rattaché au bateau où on pourra installer le bout d’amarrage.

Typiquement, un taquet à l’avant du voilier. On fera une pâte d’oie avec deux taquets à l’avant si il n’y a pas un taquet dans l’axe avant arrière (longitudinale) du bateau.

Le bout de remorquage sera suffisamment long pour permettre un remorquage sans risuqe de choc entre remorqueur et remorqué.

Comme matériaux, on va privilégier les fibres polypropylène qui ont l’énorme avantage de flotter.

L’inconvénient, c’est qu’il est difficile de lancer ce bout, préalablement fixé au bateau remorqué, au bateau remorqueur. Une pomme de touline sera bien utile pour gagner en inertie et transmettre le bout à l’autre bateau. 

Ligne de mouillage adaptée au navire et à la zone de navigation si masse lège du voilier  ≥ 250 kg.

La masse lège est la masse totale minimum du bateau en configuration de navigation incluant les passagers, bagages et tous les équipements du bords.

Évidemment, sur un bateau de plaisance, on surpasse rapidement le poids minimum.

La ligne de mouillage est composée de trois éléments : l’ancre, la chaîne et un cabôt.

L’ancre doit accrocher au sol. En fonction de la nature du sol, certaines ancres sont moins efficace que d’autres. Pour avoir une ancre efficace en toutes circonstances, il faut mettre le prix…

La chaîne est accroché à l’ancre l’une de ces extrémités. C’est son poids, posé sur le fond, qui permet d’immobiliser le voilier.

En fonction de l’état de la mer au mouillage, on pourra mettre jusqu’à 5 fois la profondeur d’eau (de la marée haute). L’autre extrémité de la chaîne est rattachée à un bout : le cablôt.

Le cablôt relie la chaîne au voilier. Il est fixé solidement au voilier grâce à une cadène, un anneau, placée dans la baille à mouillage.

Equipements côtiers : l’armement pour prévenir la fièvre.

Des gestes simples permettent de suivre son état de santé. L’un d’eux est de prendre sa température avec un bon vieux thermomètre dès que vous avez la sensation d’avoir de la fièvre.

Pour aller au delà des 2 milles, il faut aussi faire un suivi.

On va suivre sa navigation.

Non pas avec un thermomètre mais une carte marine.

Carte marine officielle et tenues à jour

Une carte marine est obligatoire en côtier. Elle peut être de format papier ou numérique. À conditions bien sûr d’avoir support de lecture et qu’il soit chargé.

Vérifiez bien le niveau de vos batteries de tablette ou téléphone portable.

Les cartes à avoir de préférence sont les cartes de type ECDIS Electronic Chart Display Information System. Ces cartes répondent aux normes de l’organisation maritime internationale.

Rappelons le, la ou les cartes à bord doivent inclure non le seulement le port de départ et d’arrivée, mais aussi l’ensemble des zones que l’on traverse.

Ne faites pas rimer plaisance avec inconscience. 

Assurez-vous aussi qu’elles soient à jour !

À moins de connaître la zone et de se renseigner régulièrement auprès des autorités portuaires pour connaître les changements dans la zone : nouvelle épave, changement du balisage, arrêt de fonctionnement d’un phare, etc.

Les corrections a apporté sur les cartes sont répertoriées dans les publications des groupes d’avis hebdomadaire aux navigateurs (GAN) disponibles par internet sur www.shom.fr ou directement via le QR code dans l’angle sud ouest de la carte.

Un compas magnétique ou un GPS

En plaisance côtière, l’administration laisse le choix des armes.

Vous pouvez disposer :

  • soit d’un compas magnétique étanche, conforme aux normes ISO pertinentes;
  • soit un système de positionnement satellitaire étanche faisant fonction de compas.

Au delà du côtier, c’est une autre histoire.

Mais ça, on l’abordera dans un autre article.

Continuons sur notre lancé avec un autre indispensables de la navigation de plaisance sur la côte.

Règlement international pour prévenir les abordages en mer (RIPAM).

Le RIPAM, il en a fait couler de l’encre… et des larmes ! C’est le document qui reprend les règles pour prévenir la collision entre navire. En mer, il n’y a pas de “priorité”. Les règles du RIPAM définissent un privilégié. Mais il est bien précisé que le privilégié AUSSI doit prévenir la collision.

À bon entendeur…

Parlons format.

Papier ou numérique, c’est comme vous voulez.

Pour information, le RIPAM est aussi connu soit d’autre nom : 2019 ncov, coronavirus 2019.

Oups, pardon je m’égare.

Le RIPAM c’est aussi : ColReg ou ColReg 72 de l’anglais Collision Regulations 1972.

Description du système de balisage

En voilà un qui mettra sûrement tout le monde d’accord.

Pour ceux qui ont passés leur permis côtier, ils ont dû apprendre par coeur le système de balisage à grand coup de bachotage jusqu’à en avoir la migraine et un début de nausée.

Et trois jours après l’examen…

POF !

Disparu.

Plus rien.

Formatage complet et irréversible de la mémoire.

Une balise rouge et blanche? C’est un danger isolé, non?

Forte heureusement, sur les navires de plaisances, il est obligatoire d’emporter à bord un document qui décrit le système de balisage de la zone de navigation.

Vous êtes libres du format : papier, autocollant, numérique, etc.

Pourvu qu’on sache où il se trouve et qu’on y jette un coup d’oeil de temps en temps.

Pendant la prochaine période de pétole par exemple?

Inutile de regarder votre reflet sur cette mer d’huile, vous savez déjà que vous êtes le (la) plus beau (belle).

Une petite révision rapide du balisage, ne peut pas faire de mal.

Et en plus avec le bloc marine vous avez trois équipements côtiers en un : l’annuaire de marée, le RIPAM et la description du système de balisage.

Sans oublier, en bonus, un journal de bord.

Que demander de plus ?

Un peu plus de vent peut être?

3 feux rouges à main.

Avertissement.

Ces feux ne sont pas des feux d’artifices.

Il permette de se signaler en mer en cas de détresse lorsque les secours sont proches, très proches.

Pourquoi?

Parce que le feu brûle pendant une minute, top chrono.

Pour éviter les brûlures, portez un gant de protection type gants en croûte de cuir avant de percuter l’engin.

Et tenez le feu au-dessus de l’eau, sous le vent, c’est à dire feux dans la même direction que le vent.

Ce serait dommage d’abîmer votre belle veste de quart.

Détournez le regard et tournez la tête.

Le spectacle est très beau mais pourrait être très douloureux pour vos yeux.

Pour finir, évidemment, ne pas pointer le feu vers une autre personne. Même si vous avez passé une nuit blanche la nuit dernière parce que cette personne vous à ronfler dans les oreilles la veille au soir.

Dispositif de repérage et d’assistance pour personne à la mer.

Le meilleur pour la fin?

Un moyen de repérer et d’assister un homme, ou une femme, à la mer.

Le dispositif se compose d’un feu à retournement, pour le repérage de nuit, d’une bouée et d’un long bout flottant qui relie la bouée et le feu à retournement au voilier.

La bouée peut être :

  • une bouée couronne;
  • une fer à cheval;
  • ou bouée Silzig, le nec plus ultra.

Cette dernière est plus adaptée pour récupérer à bord le naufragé. Elle peut encercler le naufragé quelque soit son gabarit et faciliter la manoeuvre de remonter sur le bateau.

Maintenant l’équipements côtiers n’a plus de secret pour vous

Ainsi s’achève la petite liste des emplettes pour naviguer entre 2 et 6 milles des côtes en toute légalité. Et en sécurité!

Ce sont les équipements côtiers obligatoires. Tout comme le savon pour se laver les mains, surtout en cas de grippe.

Il y a aussi plusieurs équipements fortement recommandés. Thermomètre, masque, par exemple.

Plus sérieusement, on verra ensemble dans un futur article une liste de recommandations pour la navigation côtier.

D’ici là, qu’est-ce que vous emporteriez sur votre voilier qui ne fait pas parti du matériel de l’armement de sécurité obligatoire?

Répondez en commentaire.

Votre avis m’intéresse.

Je vous dis à très bientôt pour un prochain article.

En attendant, si vous constatez des symptômes suspects, portez un masque et consultez un médecin près de chez vous !

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage
  •  
  • 1
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.