🎥 Il faut lofer ou abattre ? 3 défis à reveler.

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⬇Quiz : testez-vous en fin d’article!⬇

Lofer ou abattre, telle est la question.

Aurez-vous la réponse?

Je vous mets au défi à travers 3 scénarios où vous devrez déterminer si il faut lofer ou abattre.

Alors, prêt à relever le défi?.

Salut les voileux j’espère que vous allez bien. Voici une nouvelle vidéo de barreatribord. Si ce n’est pas déjà fait, vous pouvez télécharger le guide pour bien débuter à la voile en allant sur le blog. Le lien se trouve dans la description de cette vidéo.

On doit lofer ou abattre?

On va faire ensemble un petit test sous forme de défi.

Je vais vous présentez 3 scénarios différents. Après chaque présentation vous aurez 5 secondes pour réfléchir à votre réponse.

À la fin du temps de réflexion des 5 secondes pour choisir de lofer ou abattre. Je vous donnerez l’explication et ensuite la réponse.

Pour rappel, lofer c’est amener le nez du bateau vers le vent. Si le vent vient de tribord, de la droite du bateau, alors pour lofer on va tourner à droite.

Pour rappel, lofer c’est amener le nez du bateau vers le vent. Si le vent vient de tribord, de la droite du bateau, alors pour lofer on va tourner à droite.

Pour un voilier avec une barre Ă  roue, on va tourner la barre comme un volant de voiture.

Pour un voilier avec une barre franche, c’est un peu plus complexe.

On va placer la barre à l’opposé de là où on veut aller. Pour aller à tribord, on va mettre la barre à bâbord. Pour aller à droite, on va placer la barre à gauche.

D’accord?

Et l’inverse de lofer c’est abattre. Si le vent vient de tribord, de la droite du bateau, alors pour abattre on va tourner à gauche.

Vous l’avez compris, avec une barre à roue, on fait comme pour une voiture. Et avec une barre franche, on place la barre du côté opposé.

Une astuce pour se rappeler du mécanisme avec la barre franche : pensez que la GrandVoile représente le vent et que la barre représente votre bateau.

Lofer devient : bateau vers vent donc barre vers GV, la GrandVoile.

Lofer : Bateau vers vent = Barre vers Voile

Et pour abattre, c’est l’inverse. On écarte le bateau du vent, donc on écarte la barre de la GrandVoile.

C’est bon pour vous?

Voilà pour ce “rapide” rappel sur le vocabulaire de base.

Avant de passer au test, j’ai un avertissement à faire.

ALERTE ALERTE ALERTE

Vous devez jouer le jeu !

C’est à dire, me mettre en commentaire le nombre de bonnes réponses que vous avez eu. Et les questions que vous avez par rapport à la question posée ou l’explication que je donne.

Marché conclu ?

Parfait !

Barreatribord Lofer ou Abattre releve defi jeu challenge

Alors maintenant on va pouvoir commencer avec le 1er scénario.

Et tenter de déterminer si il faut lofer ou abattre.

1 Point d’écoute de génois qui tombe

Scénario : On navigue au portant et le point d’écoute du génois tombe.

Question : Que doit-on faire à la barre ? Qu’est-ce qu’on risque dans cette situation?

5 secondes de réflexion. Alors, lofer ou abattre ?

On navigue au portant, cela veut dire que le vent de l’arrière du bateau.

Le vent nous pousse.

On va ouvrir les voiles pour profiter au maximum du vent.

Les voiles ont trois points à chaque angle du pseudo triangle qu’elle forme.

Le point d’écoute est celui qui se trouve le plus à l’arrière.

Pour une voile d’avant, comme le génois, c’est là où on va venir fixé l’écoute. L’écoute est le bout qui va nous permettre d’orienter la voile par rapport au vent.

Dans notre scénario le point d’écoute du génois tombe !

Cela veut dire que la voile a tendance à s’affaisser son l’action de son poids.

Elle n’est plus autant regonflé par le vent.

Il est passé où le vent?

La GrandVoile se porte bien pourtant !

Effectivement, la GV reste bien gonflé alors que le génois se ramollit.

C’est parce que le génois reçoit moins de vent.

Alors que la GV en reçoit toujours autant.

La GV reçoit le vent avant le génois, on dit qu’elle est au vent du génois.

Et si on s’éloigne trop du vent, la GV va faire obstacle au vent du génois.

On dit que le génois est déventé par la GrandVoile.

Pour redonner du vent au génois, on va donc se rapprocher du vent.

C’est à dire qu’on va lofer.

Si on ne lofe pas mais qu’au contraire on continue à s’éloigner du vent, le génois va aller de lui même, avec ses petites pattes, sur l’autre bord pour recevoir du vent frais, loin de la GrandVoile. Là où l’herbe est plus verte.

Mais la GrandVoile, elle est jalouse!

Elle ne va certainement pas laisser le génois sortir en boîte tout seul avec ces potes.

Alors elle aussi elle va passer de l’autre bord pour rejoindre son génois.

C’est ce qui se passe lorsqu’on change d’amure, c’est à dire lorsqu’on change l’orientation du bateau de sorte que le vent change de côté.

Si on était bâbord amure, vent reçu sur la gauche. Après le changement d’amure, on sera tribord amure, vent reçu sur la droite.

Le vent passant d’un bord à l’autre, les voiles vont elles aussi se diriger d’un bord à l’autre : c’est à nous d’accompagner ce mouvement pendant la manoeuvre.

Le passage du génois d’un côté à l’autre est assez tranquille, puisqu’il est déventé d’un côté puis il reprend du vent.

Par contre!

C’est pas la même chanson pour la GV.

La GV est gonflé à bloc d’un bord.

Lorsqu’on va recevoir le vent de l’autre bord du bateau, la GV sera tout aussi à bloc.

Du coup, le passage de la GV va aller très vite.

Quasiment sans transition.

En soit, que ça aille plus vite, ce n’est pas un problème.

Le soucis, c’est que la GrandVoile entraîne avec elle une grosse matraque. Elle ne va pas atteindre la tête de du génois coureur de jupon mais elle risque bien de ne pas vous rater si vous êtes sur son passage!!

Alors prudence !

La version contrôlée de cette manoeuvre est un empannage.

La version où on finit avec une grosse sur la tête, c’est un empannage sauvage.

Donc pour éviter ça : dès que le point d’écoute du génois tombe, il faut lofer légèrement pour redonner du vent au génois !

Observer le point d’écoute au portant n’est pas la responsabilité seulement du barreur.

Tout le monde sur le bateau peut y jeter un coup d’oeil et faire la remarque au barreur endormi !

Voilà pour le 1er scénario, sans transition, on passe au 2ème scénario :

2 Le penon au vent du génois décroche

Scénario : On navigue au près serré, les voiles sont bien réglées. Mais le penon au vent du génois décroche.

Question : Qu’est-ce qu’on doit faire pour optimiser la marche du bateau?

5 secondes de réflexion. À votre avis : lofer ou abattre?

Le près serré, c’est l’allure où on navigue le plus proche du vent.

Le vent vient de l’avant du bateau et pour tant on va vers lui !

Contrairement au scénario précédent, les voiles ne sont pas poussées par le vent.

Elles sont littéralement aspirées par le vent.

Et elles emportent dans leur valise le bateau tout entier.

Pour que ce soit possible, Daniel Bernouilli nous disait dès le XVIIIe siècle, qu’on devait avoir une accélération de l’air pour créer une dépression.

Pas la dépression que l’on finit par choper au bout de 3 semaines de confinement à la maison.

Non, non, non.

On parle ici, d’une dépression au niveau des voiles qui crée notre fameuse aspiration vers le vent.

D’où nous vient cette différence de pression?

Il faut faire de nouveau une petite balade au XVIIIe siècle. C’est Venturi cette fois, qui fait de l’effet aux voiles.

Lorsque le vent arrive au vent de la voile, la partie qui de la voile qui reçoit le vent en premier, le vent va être ralenti.

Tout ce passe comme sur une autoroute à 19h un jour de retour de vacances sur une 4 voies qui se transforme en 3 puis 2 voies. Ca créée ralentissement et embouteillage.

Alors les filets d’air mettent leurs warnings pour prévenir les autres qui déboulent à pleine balle derrière nous.

À l’intérieur de la voile, sur l’intrado, ça bouchonne.

À l’extérieur de la voile, sur l’extrado, c’est l’inverse !

On passe d’une 2 voies à une 4 voies.

Et plus sans aucune limitation de vitesse.

Autant dire que les filets d’air ne vont pas bouder leur plaisir et auront le pied au planchĂ©. 

C’est parce qu’ils aiment la vitesse.

Tout ça n’est réalisable que si les filets d’air sont disciplinés et ne deviennent pas turbulents.

Si plusieurs d’entre eux quittent leur voie ou s’arrêtent pour faire de l’essence ou font une pause pipi sur une aire d’autoroute : ça va créer des tourbillons.

Au près, qui dit tourbillon dit moins de portance, moins de vitesse et donc moins de fun.

Nous ce qu’on veut, c’est que le trafic soit linéaire.

Un bel Ă©coulement laminaire.

Mais comment peut-on surveiller un écoulement invisible à l’oeil nu ?

Et bien on va placer à l’intrado et à l’extrado de la voile : des gendarmes.

On utilise des petits bouts de laine pour visualiser si l’écoulement est laminaire ou non.

Ce sont les penons.

Les penons seront à l’image du trafic des filets d’air.

Dans un écoulement laminaire des deux côtés de la voile, au vent et sous le vent, les penons intrado et extrado seront horizontaux.

Si le penon à l’extrado, sous le vent de la voile, décroche, c’est que la voile est trop fermée.

Le virage à l’extérieur de la voile est trop serré, alors les filets d’air n’arrive pas à suivre la courbure de la voile.

Par conte, si le penon Ă  l’intrado, au le vent de la voile, dĂ©croche, c’est que la voile est trop ouverte. 

Le virage est cette fois-ci trop serré côté sous le vent, alors les filets d’air n’arrivent pas à suivre la courbure de la voile.

Dans notre scénario, ce sont les penons au vent du génois qui décroche.

La voile est trop ouverte par rapport Ă  la direction du vent.

Pour revenir sur un Ă©coulement laminaire on va fermer la voile.

Nos voiles sont déjà réglées et bien bordées dans le bateau.

Donc pour modifier l’orientation des voiles par rapport au vent, on va abattre.

On va Ă©loigner le nez du bateau du vent.

Ok, maintenant on est prêt pour le 3ème scénario.

3 Au près dans une bonne prise avec rafale

Scénario : On navigue au près dans une bonne brise, autour de 20 noeuds.

Question : Qu’est-ce qu’on fait si on détecte sur l’eau qu’une rafale de vent se rapproche?

5 secondes de réflexion. Lofer ou abattre ?

On l’a vu dans le scénario précédent, lorsqu’on navigue au près, on a le vent qui vient l’avant du bateau.

Dans ce scénario, on navigue dans une bonne brise. C’est l’équivalent de 5 sur l’échelle de Beaufort.

La vitesse du vent va de 17 Ă  21 noeuds.

Ces conditions de navigations doivent être anticipées d’avance. Il faut toujours regarder la météo avant de partir.

Une fois établie, la mer est agitée avec des moutons un peu partout et des vagues allant jusqu’à 2 mètres voire un peu plus.

Il commence à faire un peu frais sur le bateau et on se fait mouillé par des embruns qui se formes à la crête des vagues.

Et dans ces conditions, la surpuissance est notre ennemi.

Rappelez-vous.

Sans maîtrise, la puissance n’est rien.

Si une rafale de vent arrive, cela va déséquilibrer le bateau. On doit donc anticiper ce phénomène.

Voyons la situation avant et ensuite pendant la rafale de vent.

Avant la rafale de vent.

Le bateau navigue au près, à l’équilibre.

D’un côté, il subit dans ses voiles la force du vent. On l’appelle force aérodynamique.

De l’autre, il y a la force de l’eau sur la quille qui s’oppose à son mouvement de dérive. C’est la force hydrodynamique.

Ces deux forces, l’une qui s’applique dans l’eau et l’autre au dessus du niveau de l’eau créent un couple de forces, qui aura tendance à faire pivoter la coque du bateau sous le vent.

Le voilier gîte.

C’est le couple de chavirage.

Mais heureusement, il y a un autre couple qui permet de rééquilibrer le bateau.

C’est le couple de redressement.

Il est lui aussi composée de deux forces de direction opposée.

D’un côté le poids de l’équipage, qui se sera placé naturellement à la contre gîte.

Et de l’autre côté, l’équipage peut toujours compter sur leur ami Archimède pour les aider à redresser le bateau.

La Force d’Archimède s’oppose au poid du bateau.

Quand ces deux couples s’entendent bien, tout est à l’équilibre.

Le bateau navigue à gîte constante. C’est à dire que l’inclinaison du bateau change très peu.

Mais ça, c’était avant.

Avant que la rafale pointe le bout de son nez.

Maintenant que la rafale est lĂ , le vent est plus fort.

Plus précisément le vent réel. Le vent que l’on ressent sur le bateau est le vent apparent. C’est la somme du vent réel et du vent vitesse.

Adonnante et vent apparent

Le vent vitesse, est le vent crĂ©Ă© par le mouvement du bateau. Il va dans le sens opposĂ© du  dĂ©placement du voilier.

En faisant la somme avec un vent réel plus fort, on voit que le vent :

  • s’éloigne du nez du bateau, on dit que le vent adonne
  • augmente en intensitĂ©

Donc on obtient un vent qui adonne va permettre d’avoir un cap plus au vent, de remonter plus. C’est très intéressant lorsqu’on navigue au près.

Et plus, on a un vent qui augmente en intensité.

La force aérodynamique est donc plus forte.

Et forcément.

Le couple de chavirage reprend du poil de la bĂŞte et prend le dessus sur le couple de redressement.

Le bateau va violemment gîter d’avantage.

Et la surprise, le nez du bateau tourne vers le vent, comme par magie.

On va lofer.

Et oui, un bateau qui gîte, c’est un bateau qui lofe.

Merci l’effet de carène.

Explication.

Lorsqu’on lofe, la surface mouillée sur le bateau passe sous le vent, cela crée un déséquilibre comme au ski.

En modifiant l’équilibre des appuis sur la neige, on tourne naturellement du côté où il y a moins de poids. J’appuie à droite pour tourner à gauche.

En bateau c’est pareil, grâce à la forme de la carène, qui est la partie immergée de la coque du bateau.

C’est cette partie qui est au contact de l’eau et qui prend appui sur l’eau.

Lorsque le bateau gîte, l’appui du bateau sur l’eau est modifié. Le bateau appui plus sur l’eau sous le vent, il se retrouve à tourner sur l’eau dans le sens opposée. C’est à dire vers le vent.

Le nez du bateau se tourne vers le vent. Le bateau lofe.

Donc si on accompagne une légère auloffée du bateau, la force aérodynamique va alors perdre en intensité et on retrouve une gîte normale.

Le hic, c’est que bien souvent, le barreur ne laisse pas le bateau partir légèrement au vent.

Il ne respecte pas l’équilibre naturel qui veut se mettre en place.

L’instinct du barreur se réveil …

… et son esprit de contradiction aussi.

Il veut imposer sa loi sur les dieux Eole et Poséidon.

Alors il force sur la barre comme un bourrin pour que le bateau abatte, au lieu de lofer dans la survente.

Il y a beaucoup de pression sur la barre.

Il se fatigue pour rien et empire la situation :

  • c’est inconfortable Ă  la barre, parce qu’il y a trop de pression.
  • tout aussi inconfortable pour l’équipage, parce que la gĂ®te est excessive
  • c’est encore inconfortable pour le bateau, parce qu’avec une gĂ®te excessive, le voilier doit dĂ©placer plus d’eau pour avancer et il va donc perdre en vitesse.
  • et pour finir, on ne profite pas de l’adonnante pour gagner du cap au vent.

Alors autant Ă©couter le bateau !

Conclusion : On laisse le bateau lofer légèrement et lorsqu’à la barre il y a moins de tension, on reprend la main pour conserver le nouveau cap qui sera plus lofé, on ira plus vers le vent.

Jusqu’à ce que la rafale passe et que l’on reprenne le cap qu’on avait avant.

Félicitations vous avez relevé le defi!

Vous avez choisir quand lofer ou abattre?

Je compte sur vous pour laisser en commentaire vos réactions et les éventuelles questions que vous avez sur ces différents scénarios.

Vous pouvez vous inscrire à ma chaîne barreatribord pour être informé dès que la prochaine vidéo sera en ligne.

À très bientôt,

Pour voguer encore plus loin :

Quiz en 7 questions

Ce défi de lofer ou abattre vous a plu ? Pour aller plus loin, testez vos connaissances avec ce quiz en 7 questions :

quiz Lofer ou abattre defi barreatribord

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2 rĂ©flexions au sujet de « đźŽĄ Il faut lofer ou abattre ? 3 dĂ©fis Ă  reveler. »

  1. ERIC CHADELLE

    Bonjour,
    je n’ai pas l’habitude de laisser des commentaires par peur d’etre utilisĂ©.
    Mais votres video merite un encouragement.
    Les explications sont claire .
    Merci.

    1. Ted Auteur de l’article

      Merci Eric pour vos encouragements!! Mon objectif est que mĂŞme un dĂ©butant puisse suivre toutes mes vidĂ©os. N’hĂ©sitez pas Ă  faire l’autre dĂ©fi : “border ou choquer” que vous trouverez aussi sur le blog.

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